Consulter et interpréter le rapport d'analyses statistiques de Moodle

Introduction

Ce nouveau rapport sera/est disponible dans MoodleUnil dès le 13 août 2026.

Lors de la réalisation d’un test – activité Test/Quiz ou QCM Papier) sur Moodle, une série d’indicateurs statistiques est automatiquement générée et mise à disposition. Ces indicateurs permettent d’évaluer la qualité de l’épreuve et de mettre en lumière certaines possibilités d’amélioration. Le présent document est un guide vous accompagnant dans la compréhension et l’interprétation de ces indices ainsi que de leur utilité, en vous proposant des clés de compréhension accessibles pour vous permettre de réaliser une analyse de la qualité de l’épreuve. Il est important de considérer les résultats de cette analyse comme des hypothèses à explorer, et non comme des verdicts définitifs ni de jugements sur le niveau des étudiant·es. L’utilisation de ces indicateurs permet de nourrir une démarche réflexive sur le dispositif d’évaluation que vous avez conçu. Pour toute question ou besoin d’un accompagnement plus approfondi, n’hésitez pas à contacter le CSE (cse@unil.ch).

 

1. Accès au rapport

Pour accéder au rapport d’analyses statistiques, accédez à l’activité correspondante (Test ou QCM Papier) sur Moodle, puis choisissez l’onglet « Résultats ». Choisissez ensuite « Statistiques » dans la liste déroulante

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Le rapport se compose des éléments suivants :

1. Synthèse de l’analyse : affiche des informations globales telles que le taux de réussite, et met en évidence des questions un certain nombre de questions posant problème (le cas échéant).

2. Statistiques globales : affiche des informations quantitatives globales sur le test telles que date d’ouverture, score moyen, etc. Des infos-bulles apportent des informations sur le calcul et la signification des indicateurs statistiques.

3. Histogramme de la distribution des scores

4. Analyse de la structure du quiz : c’est là que sont affichés les indicateurs statistiques concernant chaque question. Des infos-bulles apportent à nouveau des informations sur le calcul et la signification des indicateurs statistiques.

2. Information du quiz

Les premiers indices statistiques sont calculés sur les scores totaux de l’examen. Les indices statistiques donnés dans le tableau « Information du quiz » sont détaillés dans cette section. Ils vous permettent de faire une première analyse globale de votre test qui pourra ensuite être approfondie (voir Analyse de la structure du quiz).

Score moyen 

Score moyen (ou moyenne) est la somme des scores divisée par le nombre de tentatives. Il donne une idée de la tendance centrale des résultats. La moyenne peut être étirée (tirée vers le haut ou le bas) par quelques valeurs extrêmes.

Pistes d'interprétation 

Score médian  

Score médian (ou médiane) est le score situé au milieu des résultats classés par ordre croissant. Le score médian représente donc la valeur pour laquelle 50% des étudiant·es ont un résultat supérieur et 50% un résultat inférieur. La médiane et la moyenne sont souvent comparées afin d’explorer s’il existe des valeurs extrêmes (scores élevés ou bas).

Pistes d’interprétation

Écart-type

L'écart-type mesure la dispersion des scores par rapport à la moyenne.

Pistes d’interprétation

Fiabilité de l’examen - Alpha de Cronbach

Lors de la conception d’un test pour évaluer les apprentissages des étudiant·es, on souhaite que ce test mesure le plus fidèlement possible le niveau réel des connaissances des étudiant·es. Le coefficient ɑ de Cronbach est un indicateur statistique qui permet d’évaluer la fiabilité interne du test, c’est-à-dire dans quelle mesure ses items (ses questions) forment un ensemble cohérent et donnent des résultats répétables dans des conditions comparables.

Pour illustrer ceci, prenons l’exemple d’un thermomètre. Un thermomètre fiable donne plusieurs fois la même température s’il est utilisé dans des conditions identiques. De la même manière, un test fiable devrait donner, à un·e étudiante dans des conditions similaires, des résultats proches. Dans la réalité, cette situation idéale n’est pas atteinte et il existe des fluctuations au niveau de résultats.

Qu’est-ce qui peut faire varier les résultats d’un test ?

Le coefficient α se concentre sur la première source : les erreurs liées à la conception et à la cohérence des items. Il permet d’estimer quelle part de la variation des scores observés est attribuable à de vraies différences entre étudiant·es (ce qu’on veut mesurer), et quelle part est due à l’erreur de mesure (liée à la structure du test).

Par exemple, un coefficient α avec une valeur de 60% (α=0,60) signifie que 60% de la variation des scores peut être attribuée à des différences réelles de performance entre étudiant·es, et 40% peut être due à des fluctuations ou incohérences liées aux items du test. Autrement dit, le test a une fiabilité interne faible, ce qui peut inciter à retravailler les items pour améliorer cette cohérence.

Pistes d’interprétation

À garder en tête

Asymétrie de la distribution des scores

L’asymétrie (skewness en anglais) est un indicateur statistique qui décrit la forme de la distribution des scores, en particulier son degré de symétrie. Elle indique si les résultats sont répartis de manière équilibrée autour de la moyenne ou si la distribution “penche” vers un côté.

Une distribution équilibrée n’est pas toujours nécessaire, mais elle est souvent souhaitable pour des tests d’apprentissage standardisés, car elle permet d’avoir une meilleure discrimination des niveaux de performance.

Pistes d’interprétation

À garder en tête

Une asymétrie n’est pas forcément un problème :

L’asymétrie peut être causée par des valeurs extrêmes plutôt que par un niveau général des étudiant·es.

L’asymétrie ne dit rien sur la qualité du test sur le plan de la validité ; c’est uniquement une information sur la forme de la distribution.

Kurtosis

Le kurtosis est un indicateur statistique qui décrit la forme verticale de la distribution des scores, c’est-à-dire son degré d’aplatissement ou de concentration autour de la moyenne. Il renseigne à la fois sur l’accumulation des résultats au centre et sur la fréquence des valeurs extrêmes. Une valeur proche de 3 (kurtosis non centrée) correspond à la distribution normale : ni trop pointue, ni trop étalée. Le kurtosis complète ainsi la moyenne et l’asymétrie pour comprendre la structure globale des performances.

Pistes d’interprétation

À garder en tête

Histogramme

L’histogramme est un graphique qui présente la distribution des scores. Les observations sont réparties en différentes classes de même taille.

Pistes d’interprétation

Exemples 

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3. Analyse de la structure du quiz

Dans cette seconde partie de l’analyse, les indices statistiques sont calculés pour chaque question. Ces indices permettent de mettre en évidence les bonnes questions et les questions qui semblent poser problème. Ces dernières sont celles qui demandent une analyse approfondie, notamment autour des enjeux pédagogiques.

Indice de difficulté

L’indice de difficulté correspond au pourcentage d’étudiant·es ayant répondu correctement à une question. C’est donc un indicateur direct du niveau de difficulté perçu de l’item. Plus ce pourcentage est élevé, plus la question est facile ; plus il est faible, plus elle est difficile. Cet indice est fondamental en psychométrie car il permet d’évaluer si les questions sont adaptées aux objectifs visés et si elles discriminent correctement les niveaux de maîtrise.

Interprétation des valeurs

Ces valeurs doivent toutefois être interprétées en fonction de la nature des objectifs d’apprentissage, du niveau du cours et de la logique globale de l’examen.

Pistes d’interprétation – Question difficile

Il est important de s’interroger sur la difficulté observée de cette question : est-elle attendue ou non ?

La question porte sur une compétence complexe, appliquée ou avancée, ou sur un savoir de haut niveau dans la taxonomie des apprentissages .

Si la difficulté est inattendue, et notamment si la question porte sur un concept central du cours. Il est utile d’analyser les causes possibles du faible taux de réussite :

1. Revoir la formulation de la question et des propositions de réponse

2. Examiner l’enseignement du concept

3. Les étudiant·es ont-ils eu l’occasion de s’entraîner sur des tâches similaires ?

Analyser les réponses des étudiant ·es : 

Pistes d’interprétation – Question facile

Quelques questions faciles (> 70 %) dans un examen ne posent généralement aucun problème, surtout si cela fait partie d’une stratégie d’évaluation, par exemple pour rassurer les étudiant·es ou évaluer des concepts « charnières ». Toutefois, un nombre important de questions faciles peut limiter la capacité du test à discriminer les niveaux de performance. Il est donc également intéressant de se questionner sur la facilité apparente d’une question. De plus, une question facile est régulièrement accompagnée d’une faible discrimination entre les étudiant·es (voir Indice de discrimination).

Si la facilité est attendue

La question teste un concept fondamental, indispensable à la suite du cours

Si la facilité est excessive ou non souhaitée, il est pertinent de vérifier :

4. La formulation de l’énoncé et des réponses

5. La qualité des distracteurs

Indice de distraction

L’indice de distraction permet d’évaluer la qualité des distracteurs, c’est-à-dire les propositions de réponses incorrectes dans un QCM . Un distracteur efficace doit être crédible, attirer au moins une partie des étudiant·es qui ne maîtrisent pas la matière, et contribuer à différencier les niveaux de compréhension. À l’inverse, un distracteur trop facile à écarter perd son rôle pédagogique et affaiblit la capacité du QCM à mesurer correctement les apprentissages. La qualité des distracteurs est essentielle pour garantir la validité pédagogique d’un QCM.

Détection des Distracteurs Non Fonctionnels (DNF) et formule

Un distracteur est considéré comme non fonctionnel s’il est sélectionné par moins de 5% des étudiant·es.

L’indice de distraction est ensuite calculé sur la base des DNF pour chaque question selon :

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Pistes d’interprétation

Piste d’analyse - Indice de distraction faible

Un indice de distraction faible indique que plusieurs distracteurs n’ont pas joué leur rôle.  L’analyse doit alors déterminer si cela était attendu ou non.

Si la facilité est attendue

Dans ce cas, l’indice faible n’est pas problématique. Aucune analyse supplémentaire n’est nécessaire.

Si la facilité est excessive ou non souhaitée, l’analyse doit porter sur les points suivants :

1. La formulation de l’énoncé

2. La qualité des distracteurs

3. Analyse des choix des étudiant·es

À garder en tête

Indice de discrimination

L’indice de discrimination indique dans quelle mesure une question permet de différencier les étudiant·es selon leur niveau de performance globale à l’examen. Un bon item doit être davantage réussi par les étudiant·es qui maîtrisent la matière (ceux avec les meilleurs résultats à l’ensemble du test) et moins bien réussi par celles et ceux qui sont en difficulté. Cet indice reflète donc la capacité d’une question à participer réellement à la mesure des apprentissages.

Techniquement, il correspond à la différence entre : Px— Py

Où : 

Les valeurs possibles s’étendent de –100% à +100%

Piste d’interprétation - Discrimination faible (indice < 30%)

Une discrimination faible indique que la question ne parvient pas à distinguer les étudiant·es selon leur compréhension réelle. Les causes possibles sont :

1. Question trop facile

2. Question ambiguë ou mal formulée

3. Problème de qualité des distracteurs

4. Manque d’alignement

Dans ce cas, il est recommandé de :

Discrimination négative (indice < 0)

Une discrimination négative est anormale : elle révèle que les étudiant·es les moins performants réussissent mieux la question que les meilleur·es.

Les causes les plus fréquentes sont :

1. Erreur technique

Il s’agit de la première chose à vérifier.

2. Distracteurs trop convaincants

3. Énoncé ambigu ou trompeur

4. Désalignement pédagogique

Dans ces cas, l’item doit être revérifié en profondeur. Si aucune erreur technique n’est détectée et que la question porte sur un concept-clé, il peut être pertinent de la retirer de l’examen pour l’établissement de la note finale.

À garder en tête

Fiabilité de l’examen si question supprimée – Alpha de Cronbach

Pour rappel, l’alpha de Cronbach (α) est un indicateur statistique qui mesure la fiabilité interne d’un test, c’est-à-dire la cohérence entre les différentes questions qui le composent (voir Alpha de Cronbach)

Ici, la valeur de l’indice est recalculée en retirant ladite question du test. Cette nouvelle valeur est ensuite comparée à la valeur pour l’ensemble du test (qui tient compte de toutes les questions).

Pistes d’interprétation

1. Si la suppression de la question augmente la valeur de l’alpha de Cronbach (par rapport à la valeur de base), cela signifie que cette question diminue la cohérence globale du test

2. Une fois ces réflexions effectuées, vous pouvez alors :

4. Analyse des réponses

Cette troisième partie de l’analyse statistique concerne les propositions de réponse de chaque question.

Distracteur non-fonctionnel

En docimologie, les distracteurs (ou leurres) sont les propositions de réponse erronées. Un distracteur est considéré comme non fonctionnel s’il est sélectionné par moins de 5% des étudiant·es.

Si une question possède un ou plusieurs DNF, il est utile de se questionner par rapport aux points suivants :

1. La formulation de l’énoncé

2. La qualité des distracteurs

Lors d’un prochain examen, envisagez de reformuler ou de remplacer les distracteurs non fonctionnels par des alternatives plus crédibles, en lien avec les erreurs typiques observées chez les étudiant·es.

Bonne réponse

On vérifie également que la bonne réponse ait la fréquence de sélection la plus élevée. Si ce n’est pas le cas, la question est mise en évidence en rouge .

Si ce cas est rencontré, il est utile de regarder les éléments suivants : 

Cette situation est souvent le signe d’une question difficile.

Indice de distraction

L’indice de distraction est ensuite calculé sur la base des DNF pour chaque question selon :

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Pistes d’interprétation

Piste d’analyse - Indice de distraction faible

Un indice de distraction faible indique que plusieurs distracteurs n’ont pas joué leur rôle. L’analyse doit alors déterminer si cela était attendu ou non.

Si la facilité est attendue : 

Dans ce cas, l’indice faible n’est pas problématique. Aucune analyse supplémentaire n’est nécessaire.

Si la facilité est excessive ou non souhaitée, l’analyse doit porter sur les points suivants :

1. La formulation de l’énoncé

2. La qualité des distracteurs

3. Analyse des choix des étudiant·es

À garder en tête

5. Pour aller plus loin

Caussarieu A., Jequier S., Rédiger des QCM efficaces – Un guide UNISCIEL (2022). UNISCIEL. Date, A. P., Borkar, A. S., Badwaik, R. T., Siddiqui, R. A., Shende, T. R., & Dashputra, A. V. (2019). Item analysis as tool to validate multiple choice question bank in pharmacology. International Journal of Basic & Clinical Pharmacology, 8(9), 1999. https://doi.org/10.18203/2319-2003.ijbcp20194106

Hingorjo, M. R., & Jaleel, F. (s. d.). Analysis of One-Best MCQs : The Difficulty Index, Discrimination Index and Distractor Efficiency.

Malcourant, E., Raucent, B., & Wouters, P.. QCM or not QCM ? : Processus de conception d’une évaluation par QCM (2020). Presses universitaires de Louvain.

Rehman, A., Aslam, A., & Hassan, S. H. (2018). ITEM ANALYSIS OF MULTIPLE CHOICE QUESTIONS. 38(2). SMART, Guide méthodologique : Création d’une évaluation de qualité (2023). Université de Liège.

Tavakol, M., & Dennick, R. (2011). Making sense of Cronbach’s alpha. International Journal of Medical Education, 2, 53 55. https:/ doi.org/10.5116/ijme.4dfb.8dfd



Créé 2026-03-20 10:57:45 UTC par Nicolas Dunand
Mis à jour 2026-07-08 06:29:43 UTC par Nicolas Dunand